Dimoné
Dimoné n'est pas de ces dociles caboteurs longeant le rivage. Il préfère mettre cap au large, chercher les remous. Ce poète-cartographe sillonne d'impétueux courants intérieurs, vogue de rêves en fantasmes, essuie doutes et constats. Pour finalement jeter l'ancre en des territoires inexplorés, entre 40èmes rougissants et 50èmes urgents, là où la pudeur le dispute à la sincérité, le sacré au secret, le rageur au tendre. A rebours des chroniques du quotidien,son écriture affutée aspire à l'universel. Sa plume caresse l'homme « au plus près de l'os », cisèle le verbe avec élégance, au gré des jeux de mots et doubles sens. D'une voix pénétrante à la fois grave et soyeuse, il distille une poésie sans fard, presque charnelle, posée sur une pop mélodique portée par les guitares. Dandy démon, Dimoné grésille, irradie, bouillonne, crépite et éclabousse. Il nous invite à suivre une odyssée singulière et inspirée au creux de ses tourmentes, qu'il défie, pour mieux les vaincre, telles de délicates fortunes de mer .
Ottilie [B]
L’une des grandes qualités d’OTTiLiE[B] est sa littéralité, sa capacité à mettre en forme mots et idées, qui contribue à une lisibilité circonstanciée de la grammaire intime de son art.
En musique, comme ailleurs, la féconde vivacité de son esprit convoque l’interrogation constante, la saine curiosité, les élans insatiables, l’allégorie politique, la philosophie de soi et celle de la dualité. Cette fille-là est spirituelle et physique, sauvage et instinctive, funambule et performeuse, terrienne et aérienne,
pointilleuse et disponible pour les accidents heureux.
Sur sa fiche virtuelle, on pourrait écrire : experte en ponts et chaussées. Spécialité : construction de passerelles entre les chants populaires et l’avant-garde, le langage ancestral et contemporain, le sonore et le sensoriel. Les plus paresseux auraient parlé de chanson-électro à son égard. Mais ne surtout pas définir
Ottilie [B] à travers un style mais une énergie.
Une fois n’est pas coutume, son prochain saut à l’élastique se fera en quatuor acoustique ! C’est comme ça depuis le départ en 2013 et Histoires d’O2 estampillé prix du premier album France Inter-
Télérama. Au sein de sa bulle en surchauffe permanente, elle sait capter l’instant musical, explorer les profondeurs de ses humeurs, provoquer des ballets singuliers.
Aventurière aux compétences multiples et à la vision fractale. Son ouverture s’accorde à ses origines (kabyles, italiennes, mongoles), à ce qu’elle a vécu, aux innombrables pays traversés, aux musiques auxquelles elle a été exposée. Elle se nourrit aussi des ateliers de médiation à destination de publics éloignés des pôles culturels
qu’elle développe depuis de nombreuses années.
Une gymnaste fantasque de la sensibilité. Libre comme l’air dans une quête du beau à la saveur intense.
P. Demailly















